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forum A.M.A.P.
2-3 février 2008
Programme
Compte-rendu

Compte-rendu
Week-end sur les A.M.A.P.
les 2 et 3 FEVRIER 2008 au centre Amma
Les 2 et 3 février 2008
s’est déroulé le forum GreenFriends-France
sur les AMAP à la Ferme du Plessis. Un programme caractérisé
par un assez petit nombre de participants malheureusement mais
néanmoins par une belle énergie et une dizaine d’intervenants
français et japonais de très grande qualité.
De très beaux échanges dans un accueil chaleureux
qui nous tous marqués d'une manière ou une autre
et ont peut-être in fine bénéficier de la
taille modeste de l'auditoire.
Déroulement du week-end et résumé
des interventions
Retrouver le résumé des belles interventions du
week-end et les messages forts des intervenants dans ce document
pdf de 4 pages.
Télécharger 
En clair, qu’est-ce qu’une
AMAP ? par Claire Carrat,
participante du week-end
L’AMAP est donc une association de « consom’acteurs »
qui décident de prépayer la récolte d’un
producteur pour le libérer des préoccupations liées
à la vente de sa production. Les consom’acteurs s’engagent
à partager les risques (intempéries, ravageurs,
…) et le producteur s’engage à leur fournir
toute ou partie de sa production sous la forme de paniers. Qu’il
y ait bonne ou mauvaise récolte, les consommateurs prennent
leur part de ce qu’il y a. Les intermédiaires sont
supprimés et assurent au producteur un prix qui lui permet
de vivre correctement.
Ce système peut aider un agriculteur à utiliser
des techniques plus écologiques voire passer en bio. En
effet, au-delà des bienfaits sociaux, le rapport de confiance
entre l’agriculteur et les consom’acteurs et l’assurance
que l’AMAP fournit au producteur peuvent permettre plus
facilement la transition d’une agriculture conventionnelle
vers une agriculture biologique. La production est locale et dans
le respect des saisons et n’est pas transportée sur
de longues distances. Les consommateurs bénéficient
donc d’une nourriture plus saine et écologique.
Enfin l’AMAP permet la production de variétés
anciennes, peu connues des citadins, pour varier les paniers,
variétés que les consommateurs redécouvrent,
goûtent et apprécient. L’AMAP permet ainsi
aussi de diversifier le patrimoine génétique des
plantes cultivées. Les périodes de production sont
souvent décalées dans le temps. Ce qui permet d’avoir
par exemple du navet pendant plus longtemps, puisque les différentes
variétés de navets ne poussent pas forcément
en même temps.
Conclusion du week-end, par
Morvan Salez, co-organisateur du week-end
La force du week-end a été de bénéficier
de la présence de nombreux agriculteurs, d'horizons différents,
qui tous avec leur culture professionnelle, leur histoire personnelle,
et leurs mots, ont pu témoigner de l'originalité
et de l'importance des AMAP.
A l'issue du forum, plusieurs participants ont déclaré
avoir été conquis par le principe et vont chercher
soit à adhérer à une AMAP près de
chez elles, soit à en constituer une avec un maraîcher
de leur connaissance. Presque tous ont déclaré avoir
saisi l'importance de ce concept émergent, qui dépasse
le simple caprice de manger bio et sain d’une poignée
de personnes aisées de la ville. Le message fondamental
de ces 2 journées est que l’AMAP incarne une certaine
mutation de la société, prise à son stade
embryonnaire, encore confidentielle mais aux effets déjà
perceptibles. Ainsi en France, les AMAP ont été
au coeur de plusieurs débats lors de l'élection
présidentielle et au colloque d'Urgenci (réseau
mondial des AMAP) à Aubagne, des représentants de
la FAO, de la Commission Européenne, du Conseil de l'Europe,
du Ministère de l'Agriculture, ont fait part de l'importance
qu'ils attachaient à ce mouvement. Un nombre croissant
de citoyens ne veut plus assister passifs à la destruction
de l'environnement, de leur santé et de la société;
ils souhaitent désormais reprendre possession de leur droit
à agir, pour améliorer les choses. Agir localement,
en pensant globalement.
L'achat de savons écologiques fabriqués à
Marseille à travers son AMAP permet, à petite échelle,
de réduire la destruction des forêts de Bornéo
qui précipite l'extinction des derniers Orang-Outans. Le
soutien à un maraîcher local en établissant
avec lui une AMAP permet de lui assurer un revenu juste, de mieux
protéger ses terres, de contribuer à réduire
les effets pervers de la délocalisation de la production
de nourriture (activité qu'aucun gouvernement responsable
ne devrait accepter de délocaliser). Créer une AMAP
de pêche permet de soutenir l'activité d'un marin-pêcheur
tout en préservant mieux les réserves halieutiques
menacées. On pourrait multiplier la liste, elle est infinie.
La sociologue Claire LAMINE dans son récent (et par ailleurs
excellent) livre "les AMAP : un nouveau pacte entre producteurs
et consommateurs", définit l'AMAP comme un "système
de production et de distribution original". L'AMAP est en
fait bien plus que cela: elle est un des seuls (et premiers?)
espaces d'action à disposition des citoyens, dans un monde
qui lui a été progressivement confisqué,
où les structures économiques mondialisées
sont verrouillées de toutes parts, où toute possibilité
d'agir sur son environnement proche et sur son avenir est généralement
impossible. Dès lors, l'AMAP est une poche de liberté
et de créativité inespérée, une formidable
bulle d'oxygène au milieu de l'interminable suffocation.
L'AMAP est une micro-expérience de citoyenneté revendiquée
et de démocratie locale. D'où leur incroyable succès,
leur popularité. D'où leur potentiel à être
les graines d'une révolution socioculturelle et économique
de grande ampleur dont la planète et la civilisation ont
besoin, de toute urgence.
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