L'arbre
13-15 Février 2009 au centre Amma

Programme
Compte-rendu

Compte-rendu par Sudha Pilet

Second week-end Babel !

Le long de ce week-end, placé sous le signe d'une activité pratique voire physique avec les arbres, s’est profilée pour beaucoup d’entre nous une rencontre simple et essentielle. De façon assez paradigmatique, les arbres et la Nature semblent en effet se proposer comme éléments de rencontre avec un lieu particulier en soi, un lieu de disponibilité, de joie, de patience, de détermination, aussi de don et de désintéressement.

Ce beau week-end s’est centré autour de deux activités, dont l’objectif était avant tout pratique : la plantation de 26 nouveaux arbres et la taille de ceux du Centre. La moitié des arbres qui ont prit leur place sur « cette terre renaissante » sont des pommiers, ils viennent enrichir le verger. Des érables et des tilleuls ce sont aussi installés, qui prêteront un peu d'ombre au parking pendant la belle saison.

La taille s’est faite sous les explications théoriques de Michel Dombre, une taille dite « douce » qui comprenait aussi la formation des jeunes pommiers. Michel nous a expliqué que ces derniers réclament d’être taillés tout juste plantés. Ce fut l’occasion de mesurer « que l'on veut toujours couper beaucoup de branches, alors que la taille douce que nous a présenté Michel permet d'être plus à l'écoute de l'arbre et de l'observer pour avoir le geste juste qui lui permettra de continuer à se développer... et à fructifier car c'est l'un des buts de la taille ! » ; Avec la plantation il en est de même, «se mettre à l'écoute de l'arbre pour savoir dans quel sens il souhaite être orienté, ce n’est pas forcement évident au début ».

Pour ces activités, la peur du mauvais temps nous avait motivé à entamer la plantation le vendredi, mais finalement sous les auspices d’un beau ciel bleu, tout a pu être fait pendant le week-end, sans précipitation."La lumière était intense, le soleil brillait d'un éclat rare en hiver, un petit écho du printemps à venir qui résonnait avec la joie du cœur. Le froid rappelait quant à lui que l'hiver n'était pas fini, un froid saint qui donnait à l'air la transparence de l'espace et nous plongeait dans une respiration sereine".Nous n'attendions pas beaucoup de monde et ce fut une surprise de nous trouver parfois une trentaine à planter ensemble. « Spontanément trois groupes se sont formés dimanche matin, sous la responsabilité des trois coordinateurs, ce qui a permis de finir la plantation des arbres vers 10h30 ! Un très bel élan de fraternité et d'entraide ». « Les relations étaient chaleureuses, et chacun semblait heureux de servir et communier avec la nature en présence des autres ».

Le samedi soir fut l'occasion d'échanges sur notre relation à la Nature. Trois textes donnèrent un socle et une inspiration à ce partage : un texte sur le Dieu Pan tiré de l’ouvrage « The kingdom within », un autre, extrait du livre « Forêts fruitières » de Maurice Chaudière, et un conte d’Henri Gougaud.
Autour de ces lectures au coin du feu, la parole pu se dérouler et circuler largement. Quelques aspects de la relation a la Nature ont pu être évoqués à plusieurs reprises.

L’espace de hasard présent entre l’homme et la Nature : l’homme peut essayer des greffes par exemple, s’y appliquer beaucoup, une variable d’incertitude restera toujours qui placera le résultat de cette démarche du côté de l’incontrôlable. Heureusement, ça nous échappe. Cela est en lien avec une autre idée qui est revenue souvent c’est la propension de la Nature à prendre pour nous une fonction de guide et d’inspiration.

Un autre élément s’est aussi exprimé de différentes manière, c’est la dimension ambivalente nécessairement convoquée dans une relation vraie à la Nature. Chez les Grecs, le Dieu Pan, c’est le diable, extrapolable à l’idée d’un « diabolos », celui qui sépare de l’égo. Il y a de cette façon une dimension instinctuelle de la Nature, qui renvoie l’homme à sa part d’ombre. Toute vraie rencontre est ainsi une rencontre d’ombre et de lumière.

Enfin, pour clore le week-end, une « puja » fut l’occasion de circonscrire dans la concentration et la ferveur les plantations et les tailles du week-end. Chacun pu ainsi remporter un peu en lui de cet évènement.

« Aujourd'hui dans le miroir du souvenir, ces instants sont comme des graines semées dans le cœur. Depuis, cette réflexion mûrit comme une pomme au soleil : replanter l'Eden pour ne pas se laisser aller au désert de l'oubli.
Les arbres sont une leçon de patience, de détermination et d'abnégation...grâce aux soins qui leur sera apportés ils pourraient nous survivre, je l'espère pour le monde...en me rappelant ce très beau film qui nous avait été présenté à la session de décembre : "l'homme qui plantait des arbres". Etre en présence de la nature, le corps à la terre, le cœur à la vie et l'esprit au soleil, c'est ne sentir aucune pression...pas de doute, cela m'a ramené à la nature intérieure qui coule de source en source quand elle se rend à la mer divine. »

Peu à peu l'esprit Babel prend forme et sans doute les prochains week-ends permettront de plonger un peu plus, avec davantage d'éléments "théoriques", à l'exploration de notre lien à la Nature.

 

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